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Pourquoi les autorités publiques sont impuissantes face à la spirale inflationniste?

Posted by ismael MAHAMOUD on 20th août 2008

Origine de l’inflation

Depuis l’année 2005, on assiste à une forte poussée inflationniste. Tous les secteurs de l’économie sont touchés, des biens de premières nécessités, comme l’alimentation ou les médicaments jusqu’au secteur de construction. Les plus démunies sont inévitablement la première catégorie de la population a y être touchée de plein fouet. Selon les données du FMI de 2008, l’inflation à Djibouti est passée de 1,6 en 2000 à 6,1% du PIB en 2008. Les pouvoirs publics sont désemparés face à ce phénomène. Car, d’abord elles n’ont pas les moyens d’une politique monétaire, compte tenu du système de currrency board, qui caractérise la politique monétaire à Djibouti. Ensuite, si on observe la conjecture internationale, l’inflation est mondiale, elle est la conséquence du prix de l’envolé du baril de pétrole, accroissant ainsi le coût du transport des marchandises et la crise alimentaire qui prend son origine la sécheresse dans beaucoup des pays (Australie, Europe)  exportateurs des biens agricoles et la ruée vers les agro carburants (je préfère ne pas utiliser le terme de biocarburants car il n’est pas si propre que laissent penser certains “experts” des lobbies agricoles américains ou européens).

Cela étant, dire que les pouvoirs publics doivent se croiser les bras, en espérant que le ciel tumultueux de l’économie mondiale s’éclaircisse, il y a qu’un trait à ne pas franchir. Malheureusement, celui-ci vient d’être franchir, avec le dédoublement du prix du ciment, ce qui va ralentir, sans doute, un secteur qui affiche depuis bientôt 4 ans une santé insolente  et qui contribue une bonne partie à la création de la richesse nationale.

A y regarder de près,  les origines de l’inflation à Djibouti, hormis les facteurs  liés à la conjoncturel mondiale (cités ci-dessus) ne sont-elles pas liées à la bonne santé de l’économie ? Et si c’était la transformation, des fruits de la croissance que connaît le pays depuis de 2001  en cauchemar? Peut-être l’entrée massive des devises (essentiellement le dollar), sous forme des investissements directs étrangers et de l’aide publique au développement depuis 2002 ne fait que amplifier le phénomène inflationniste? Certes, ces questions peuvent être surprenant pour un profane qui ne connaît pas le mystère de l’inflation en économie mais malheureusement, il arrive qu’un tel paradoxe arrive. Un bien peut générer un mal. C’est qu’on appelle le « syndrome hollandais » ou « maladie hollandaise ».

Syndrome hollandais 

Dans les années 60, les Pays-Bas ont connu une entrée massive des devises après la découverte d’énormes dépôts de gaz naturel en mer du Nord. De façon inattendue, ce développement apparemment positif a eu de sérieuses répercussions sur d’importants secteurs de l’économie hollandaise: la monnaie hollandaise (florin) a pris de la valeur et les exportations non pétrolières ont donc perdu de leur compétitivité. Ce syndrome a été appelé «syndrome hollandais». Bien que cette maladie aille généralement de pair avec la découverte de ressources naturelles, elle peut résulter de tout développement qui entraîne des entrées massives de devises, notamment une forte hausse du prix des ressources naturelles, de l’aide étrangère ou des investissements directs étrangers.Ces entrées des devises augmentent la masse monétaire car  les nouvelles ressources qui rentrent de l’extérieur se dirigent vers des secteurs de l’économie, tournés à la consommation intérieure (comme le secteur du bâtiment ou commerce de détails). Pour certains économistes, ce mal hollandais n’est qu’une transition sur le schéma du décollage économique et que les choses vont rentrer dans l’ordre. Il faut faire confiance aux lois du marché. Toutefois ceci est vrai s’il n’y a pas des entraves au bon  fonctionnement du marché. Ce qui n’est pas les cas, malheurusement, à Djiboti. Car malgré le libéralisme affiché et revendiqué par la politique économique, des règles contestables et dangereuses prédominent dans le fonctionnement de l’économie.  Les ententes, les monopoles et les entraves à la concurrence au profit  de quelques privilégiés, constituent les symptômes du manque de régulation des pouvoirs publics et le prix à payer pour les pauvres est catastrophique.  

Que faire?

Les décideurs doivent bannir  les entraves au bon fonctionnement des lois du marché, en démantelant les monopoles dans le commerce de l’alimentation, la distribution des gazes à domicile et en privatisant certains entreprises défaillantes telles que l’électricité ou les télécoms.Il s’agit de sortir de cette dangereuse inertie, en gérant  prudemment le surplus de rentrées de devises.

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